Les pellicules dans les cheveux touchent une personne sur deux. Ces petites squames blanches qui parsèment vos épaules peuvent vite devenir une source d’inconfort au quotidien. Vous n’êtes pas seul face à ce problème et surtout, des solutions existent. Dans cet article, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir sur les pellicules pour mieux les comprendre et les traiter efficacement.
Qu’est-ce que les pellicules et pourquoi apparaissent-elles ?
Les pellicules sont des amas de cellules mortes du cuir chevelu qui deviennent visibles à l’œil nu. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas un simple problème d’hygiène. Il s’agit d’un déséquilibre physiologique du cuir chevelu qui mérite une attention particulière.
Comprendre le cycle de vie du cuir chevelu
Votre cuir chevelu se renouvelle naturellement tous les 21 jours environ. Les cellules anciennes sont remplacées par de nouvelles cellules. Ce processus, appelé desquamation, est totalement normal et invisible dans un cuir chevelu sain.
Les cellules mortes s’éliminent sous forme de squames minuscules d’environ 30 microns. Vous ne les voyez pas car elles sont microscopiques. Elles tombent naturellement sans que vous vous en rendiez compte.
Mais lorsque ce cycle s’emballe, tout change. Le renouvellement cellulaire s’accélère brutalement. Il passe de 21 jours à seulement 5 à 7 jours, parfois même 3 jours. Les cellules n’ont plus le temps d’arriver à maturité avant de se détacher.
Résultat : elles s’agglomèrent entre elles et forment des amas bien visibles. Ces agrégats peuvent mesurer plus de 200 microns. Ce sont ces accumulations que vous voyez tomber sur vos vêtements.
Le rôle de la levure Malassezia dans l’apparition des pellicules
Derrière ce dérèglement se cache souvent un micro-organisme : la levure Malassezia furfur. Cette levure vit naturellement sur tous les cuirs chevelus. En temps normal, elle représente environ 50% de la flore du cuir chevelu.
Elle se nourrit de sébum, cette substance grasse produite par vos glandes sébacées. Le problème survient quand elle prolifère de façon excessive. Dans un cuir chevelu à pellicules, elle peut représenter jusqu’à 75% de la flore microbienne.
En se nourrissant du sébum, cette levure produit des acides gras irritants. Ces substances provoquent une inflammation du cuir chevelu. Votre peau réagit en accélérant son renouvellement cellulaire pour tenter de se débarrasser de l’irritation.
C’est un véritable cercle vicieux qui s’installe. Plus la levure prolifère, plus l’inflammation augmente. Plus l’inflammation progresse, plus le renouvellement s’accélère. Et plus les pellicules se multiplient.
Les deux types de pellicules : comment les reconnaître ?
Toutes les pellicules ne se ressemblent pas. Il existe deux grandes catégories qu’il est important de distinguer pour choisir le bon traitement.
Les pellicules sèches : fines et volatiles
Les pellicules sèches sont le type le plus répandu. Elles représentent la majorité des cas de pellicules capillaires. Elles apparaissent généralement entre 15 et 30 ans.
Ces pellicules sont fines et poudreuses. Elles ont l’aspect d’une neige blanche ou grisâtre. Elles se détachent facilement du cuir chevelu au moindre geste. Un simple passage de main dans les cheveux suffit à les faire tomber.
Elles s’éparpillent sur vos épaules et le col de vos vêtements. C’est particulièrement visible sur les tenues sombres. Le cuir chevelu lui-même est sec mais ne présente généralement pas de rougeurs.
Ces pellicules peuvent s’accompagner de légères démangeaisons. L’inconfort reste modéré dans la plupart des cas. Le principal problème est d’ordre esthétique et social.
La bonne nouvelle ? Ce type de pellicules répond généralement bien aux traitements. Avec un shampoing antipelliculaire adapté, les résultats sont visibles rapidement. Le risque de récidive existe cependant si vous ne maintenez pas une routine adaptée.
Les pellicules grasses : épaisses et collantes
Les pellicules grasses sont plus problématiques. Elles sont plus grosses et plus épaisses que les pellicules sèches. Leur aspect est jaunâtre et leur texture est grasse au toucher.
Le sébum joue ici le rôle de colle. Il agglomère les pellicules entre elles pour former des plaques compactes. Ces plaques adhèrent fortement au cuir chevelu et aux racines des cheveux. Elles se concentrent souvent derrière les oreilles et sur les tempes.
Ces pellicules s’accompagnent fréquemment de démangeaisons intenses. Le cuir chevelu est souvent rosé et irrité. L’inflammation est plus marquée que dans le cas des pellicules sèches.
Attention : ces pellicules grasses peuvent avoir des conséquences sur vos cheveux. Elles forment une couche qui asphyxie la racine des cheveux. Cette asphyxie peut affaiblir le cheveu et, dans certains cas, favoriser la chute capillaire.
Quand les pellicules grasses s’accompagnent de rougeurs importantes, on parle de dermatite séborrhéique. C’est la forme la plus sévère d’état pelliculaire. Elle nécessite souvent une consultation dermatologique.
Quelles sont les causes et facteurs aggravants ?
L’apparition des pellicules résulte rarement d’une cause unique. C’est généralement une combinaison de plusieurs facteurs qui crée le terrain favorable.
Les facteurs internes (stress, fatigue, hormones)
Votre état général influence directement la santé de votre cuir chevelu. Le stress est un déclencheur majeur des poussées de pellicules. Quand vous êtes stressé, votre corps sécrète du cortisol qui peut déséquilibrer votre cuir chevelu.
Le surmenage et le manque de sommeil jouent également un rôle. Votre peau a besoin de repos pour se régénérer correctement. Un sommeil insuffisant perturbe ce processus naturel.
Les changements hormonaux constituent un autre facteur important. C’est pourquoi les pellicules apparaissent souvent à la puberté. Les hormones stimulent la production de sébum. Et plus il y a de sébum, plus la levure Malassezia trouve de quoi se nourrir.
L’alimentation peut aussi intervenir. Une alimentation déséquilibrée, pauvre en vitamines et minéraux, fragilise votre cuir chevelu. Les carences en zinc ou en vitamines B sont particulièrement impliquées.
Certaines personnes ont également une prédisposition génétique. Leur immunité locale est naturellement plus faible. Cela favorise la prolifération excessive de la levure et le déséquilibre de la flore du cuir chevelu.
Les facteurs externes (produits inadaptés, pollution, saisons)
Votre environnement et vos habitudes capillaires influencent aussi l’apparition des pellicules. Les shampoings trop décapants sont souvent en cause. Ils agressent le cuir chevelu et détruisent son film protecteur naturel.
La qualité de l’eau joue un rôle non négligeable. Une eau calcaire ou trop chlorée peut irriter le cuir chevelu. L’eau de piscine en particulier peut déclencher une poussée de pellicules.
Le coiffage excessif ou trop agressif fragilise également le cuir chevelu. L’utilisation trop fréquente du sèche-cheveux à haute température, les lissages répétés ou les brossages vigoureux peuvent créer des irritations.
La pollution atmosphérique participe à l’inflammation du cuir chevelu. Les particules fines se déposent sur la peau et peuvent perturber son équilibre naturel.
Les changements de saison ont aussi leur importance. Les pellicules sont généralement plus abondantes en hiver qu’en été. Le froid, le vent et le port de bonnets créent un environnement propice. À l’inverse, le soleil et l’eau de mer de l’été ont souvent un effet bénéfique.
Comment traiter efficacement les pellicules ?
Le traitement des pellicules repose sur une approche ciblée et régulière. L’objectif est triple : éliminer les pellicules visibles, réguler le renouvellement cellulaire et prévenir les récidives.
Les shampoings antipelliculaires : comment les choisir ?
Le choix de votre shampoing dépend de votre type de pellicules. Pour les pellicules sèches, optez pour un shampoing antipelliculaire ultradoux. Privilégiez une formule avec un pH physiologique qui respecte l’équilibre naturel de votre cuir chevelu.
Ces shampoings doivent nettoyer sans agresser. Ils éliminent les pellicules tout en préservant le film hydrolipidique protecteur. Votre cuir chevelu retrouve progressivement son équilibre.
Pour les pellicules grasses, l’approche doit être plus intensive. Un shampoing kératolytique est nécessaire. Ce type de produit exerce une micro-exfoliation qui décolle les pellicules adhérentes.
Il doit également contenir un agent antifongique. Cet actif limite la prolifération de la levure Malassezia. La piroctone olamine est l’un des antifongiques les plus efficaces et les mieux tolérés.
Dans tous les cas, laissez poser votre shampoing au moins 5 minutes sur le cuir chevelu. Cette durée est indispensable pour que les actifs pénètrent et agissent efficacement. Massez délicatement par mouvements circulaires puis rincez abondamment.
Les actifs naturels à privilégier
Certains ingrédients naturels ont démontré leur efficacité contre les pellicules. L’huile essentielle de Tea Tree figure en tête de liste. Ses propriétés antifongiques, purifiantes et apaisantes en font un allié précieux.
Elle limite la prolifération de la levure Malassezia. Elle aide aussi à éliminer les pellicules déjà présentes. Enfin, elle calme les démangeaisons du cuir chevelu.
L’acide salicylique et l’acide glycolique sont des kératolytiques naturels. Ils dissolvent le ciment qui maintient les cellules mortes agglomérées entre elles. Les pellicules se détachent ainsi plus facilement.
Le camphre apporte un effet rafraîchissant immédiat. Il soulage les sensations de démangeaisons et d’inconfort. Son action apaisante procure un vrai soulagement.
Pour les cuirs chevelus à pellicules grasses, l’extrait de Curbicia est intéressant. Cet actif végétal régule naturellement la production de sébum. Il aide à rééquilibrer le cuir chevelu sur le long terme.
L’huile de carthame convient particulièrement aux pellicules sèches. Riche en acides gras essentiels, elle nourrit et hydrate le cuir chevelu. Elle restaure le film hydrolipidique et apaise les irritations.
La bonne routine de soin antipelliculaire
La fréquence de lavage est importante. Lavez vos cheveux 2 à 3 fois par semaine avec votre shampoing antipelliculaire. Cette régularité permet de maintenir la levure sous contrôle sans agresser le cuir chevelu.
Pour les états pelliculaires sévères, commencez par une phase d’attaque. Utilisez votre shampoing traitant 2 à 3 fois par semaine pendant 15 à 21 jours. Ensuite, passez en phase d’entretien avec 1 à 2 applications par semaine.
Alternez si nécessaire avec un shampoing doux entre les shampoings traitants. Cela permet de nettoyer sans surtraiter. Votre cuir chevelu garde ainsi son équilibre.
Le geste d’application compte aussi. Mouillez abondamment vos cheveux à l’eau tiède. Répartissez le shampoing sur le cuir chevelu. Massez doucement du bout des doigts par mouvements circulaires. Évitez de frotter trop fort ou de gratter avec vos ongles.
Laissez poser le temps recommandé. Rincez ensuite très soigneusement à l’eau claire. Un rinçage insuffisant peut laisser des résidus irritants.
Séchez vos cheveux avec précaution. Tamponnez-les doucement avec une serviette. Si vous utilisez un sèche-cheveux, réglez-le sur une température modérée. La chaleur excessive irrite le cuir chevelu et peut aggraver les pellicules.
Nos conseils pratiques pour prévenir les récidives
La prévention est aussi importante que le traitement lui-même. Une fois les pellicules éliminées, vous devez maintenir un environnement défavorable à leur réapparition.
Continuez d’utiliser votre shampoing antipelliculaire en entretien. Une à deux fois par semaine suffisent généralement. Ne l’abandonnez pas dès les premiers résultats. Le risque de récidive est réel si vous stoppez trop tôt.
Adoptez une alimentation équilibrée riche en vitamines et minéraux. Les vitamines B, le zinc et les acides gras oméga-3 sont particulièrement bénéfiques pour la santé du cuir chevelu.
Gérez votre stress du mieux possible. Pratiquez des activités relaxantes comme la méditation, le yoga ou simplement la marche. Un bon sommeil est également essentiel. Essayez de dormir 7 à 8 heures par nuit.
Choisissez des produits capillaires adaptés et doux. Évitez les formules trop agressives ou contenant trop d’alcool. Limitez l’utilisation de produits coiffants. S’ils sont nécessaires, privilégiez les gels sans silicones.
Espacez les colorations et les traitements chimiques. Ils fragilisent le cuir chevelu et peuvent déclencher des poussées. Si vous devez colorer vos cheveux, optez pour des formules douces sans ammoniaque.
Protégez votre cuir chevelu des agressions extérieures. En hiver, portez un bonnet en fibres naturelles qui laissent respirer la peau. En été, protégez-vous du soleil avec un chapeau léger.
Après la piscine, rincez systématiquement vos cheveux à l’eau claire. Le chlore est très irritant pour le cuir chevelu. Un simple rinçage limite déjà beaucoup les dégâts.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Dans la plupart des cas, les pellicules se traitent efficacement avec des soins adaptés disponibles en pharmacie. Certaines situations nécessitent toutefois un avis médical.
Consultez un dermatologue si vos pellicules persistent malgré un traitement bien suivi pendant 4 à 6 semaines. Une résistance au traitement peut indiquer un problème plus complexe.
Prenez rendez-vous également si vous observez des plaques rouges importantes sur votre cuir chevelu. Ces plaques, surtout si elles s’étendent au-delà de la racine des cheveux, peuvent signaler une dermatite séborrhéique sévère ou un psoriasis.
Si les démangeaisons deviennent insupportables et perturbent votre quotidien, n’attendez pas. Un prurit intense peut entraîner des lésions de grattage qui risquent de se surinfecter.
Consultez aussi si vous constatez une chute de cheveux importante associée aux pellicules. Bien que les pellicules grasses puissent affaiblir le cheveu, une chute abondante nécessite un diagnostic précis.
Le dermatologue pourra vous prescrire des traitements plus puissants si nécessaire. Des lotions antifongiques comme le kétoconazole ou le ciclopirox sont parfois nécessaires. Dans les cas inflammatoires sévères, des corticoïdes topiques sur une courte durée peuvent être prescrits.
N’hésitez pas non plus à demander conseil à votre pharmacien. En tant que professionnels de santé, nous sommes là pour vous orienter vers les soins les plus adaptés à votre situation. Nous pouvons évaluer votre type de pellicules et vous recommander les produits appropriés.
Les pellicules ne sont pas une fatalité. Avec le bon diagnostic, le traitement adapté et une routine régulière, vous pouvez retrouver un cuir chevelu sain et des cheveux sans pellicules. La clé du succès réside dans la constance et la prévention des récidives.
Sources
Cet article a été rédigé en se basant sur des sources médicales et dermatologiques. Puis vérifié par nos pharmaciens dans notre officine en Normandie
- https://www.bioderma.fr/votre-peau/soin-du-cuir-chevelu-et-des-cheveux/pellicule-et-cheveux-comment-eliminer-les-pellicules
- https://www.elsan.care/fr/pathologie-et-traitement/glossaire-medical/dermatologie/pellicules
- https://www.salonjohann.fr/le-journal/comment-eliminer-les-pellicules-dans-les-cheveux
- https://www.renefurterer.com/fr-fr/conseil/cuir-chevelu/problemes-du-cuir-chevelu-rejaillissent-sur-la-chevelure/comment-se-debarrasser-des-pellicules-sur-les-cheveux
- https://www.headandshoulders.fr/fr-fr/tous-les-articles/pellicules/les-causes-des-pellicules/
- https://dermatologue.ca/patients-et-grand-public/maladies-et-affections/problemes-capillaires/pellicules/
- https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-dermatologiques/dermatite/dermite-s%C3%A9borrh%C3%A9ique